Au début du XIIIe siècle la bourgeoisie avait conquis une importante position sociale et politique, le commerce générait des richesses et Barbastro s’était agrandi. Face à la crise que vivaient les monastères cisterciens et bénédictins, les franciscains se présentèrent porteurs de nouvelles réponses pour cette société changeante.

Avec un esprit humble de pauvreté, au lieu de s’éloigner du monde ils d’installèrent dans les villes; au lieu d’attendre que les hommes viennent à eux, ils sortaient à leur rencontre: ils ne parlaient pas seulement dans les églises, mais aussi sur les places, se dirigeant au peuple, aux soldats, aux enfants...

Au XIIIe siècle ils s’installèrent à Barbastro. Il s’agissait à l’origine d’une église surtout fonctionnelle, qui correspondait à un des modèles qui remportaient le plus de succès dans l’architecture religieuse de l’époque: une seule nef sur laquelle s’ouvraient plusieurs chapelles placées entre les contreforts. La nef, dépourvue de colonnes ou de piliers, permettait une parfaite visibilité et une audition adéquate du prédicateur.
C’était une oeuvre de grande dimension mais construites avec des matériaux modestes, comme la banche, la brique ou le plâtre.

Aujourd’hui, il ne reste presque rien des anciennes dépendances du couvent: le cloître, les cellules, les chambres, le réfectoire, ... Sur la Place de San Antonio, on peut uniquement reconnaître la planta de l’ancien cloître et le tracé des murs où l’on devine encore la cadence des petites fenêtres des cellules, aujourd’hui transformées en maison individuelles.

Entre les XVIe et XVIIe siècles et en deux étapes successives, l’espace intérieur de l’église médiévale fut transformait. L’ample nef fut couverte de voûtes en croisée d’ogive étoilée réalisées en brique. Les nervures furent faites en plâtre, les voûtes furent polies et comme cela était habituel dans ces temples, on peignit “de couleur brune” un filet pour imiter les joints des pierres de taille.

L’ancienne chapelle des Claramunt, qui s’ouvre sur le chevet, sert aujourd’hui de sacristie. Au début du XVIIe siècle, elle fut décorée par Rafael Pertús, peintre de la renaissance originaire de Saragosse. La décoration murale fut complétée par une jolie plinthe en faïence provenant probablement des ateliers de poterie de Muel (Saragosse). 

On accède à la crypte voûtée par un escalier. On y trouve un banc tout autour de son périmètre, divisé en quinze sièges taillés dans la pierre. Sur ce banc, on plaçait les corps des défunts; les murs de la crypte servaient d’appui aux cadavres. 

Quelques temps après la construction de la crypte, ils durent mettre en question ce système d’enterrement peu hygiénique. C’est pourquoi les bras des sièges furent rabaissés de manière à pouvoir placer des cercueils en bois sur le banc.

Près du chevet, on trouve une petite chapelle couverte de voûtes en croisée d’ogive étoilée au jolie tracée. Elle est dédiée à Ceferino Giménez Malla, «el Pelé». Ce gitan, honnête marchand de mulets, sage analphabète, qui enseignait aux enfants à prier, il les encourageait à respecter les oiseaux, les fleurs et les fourmis et il leur donnait du chocolat et du pain pour le goûter durant ces années de misères. En pleine Guerre Civile espagnole il fut arrêté et fusillé, un rosaire à la main. Le Pape Jean Paul le béatifiât en 1997. La sculpture du Saint est l’oeuvre de l’artiste Juan de Ávalos.

 

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